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Shirkers

A la recherche d’un premier film qui aurait pu commencer l’art et essai de Singapour…

Shirkers, documentaire réalisé par Sandi Tan, est sans nul doute une des meilleures surprises trouvée chez Netflix cette fin d’année. Laissez-moi vous en raconter plus…

« En 1992, Sandi Tan et ses amies tournent un film très original dans les rues de Singapour. Quand les bobines disparaissent, une longue quête commence pour la cinéaste. »

Dans un premier temps, Sandi Tan revient sur la conception même du film à Singapour dans les années 90. On découvre ainsi son parcours dans la scène avant-garde de cette époque, ses différentes expérimentations sur des formats tels que le fanzine et enfin son goût naissant pour l’écriture scénaristique qui aboutira à la création de Shirkers.

Elle embarque dans ce projet aussi périlleux qu’ambitieux ses deux amies Jasmine Ng et Sophia Siddique Harvey et est chapeauté par Georges Cardona, seul adulte présent dans ce groupe d’adolescents créatifs.

Le tournage se révèle être aussi exténuant que chaotique, tant par son financement mais surtout par la mainmise progressive de Georges Cardona sur le projet. Il se proclamera producteur à la place de Sophia Siddique Harvey pour ensuite littéralement dévorer chaque partie originale du long métrage en gestation, le summum étant sa disparition avec les bobines du film après le tournage du film !

Dans un second temps, Sandi Tan mène l’enquête sur la personnalité problématique qu’a été Georges Cardona tout au long du tournage et après, car le film n’a bien sûr jamais eu de sortie officielle. Elle remonte ainsi les traces laissées par cet ambigu mentor jusqu’à sa veuve, l’un de ses anciens amis lui aussi scénariste et l’autrice Grace Dana Azur, qui témoignent des attitudes passionnées mais destructrices de Georges Cardona. On est face à un portrait en creux de ce mangeur de rêve qui laisse le spectateur à la fois atterré et épuisé émotionnellement par cette mésaventure.

Ce documentaire est construit en chapitres, tout d’abord par intervenant puis suivant l’enquête et joue aussi sur les références qui étaient le moteur de Georges Cardona et surtout celles qui ont impactées Sandi Tan dans son désir de faire du cinéma. On retrouve la récurrence de Sexe, mensonges et vidéo mais aussi beaucoup de films français de la nouvelle vague, incarnés par Jean-Paul Belmondo. Le soin esthétique apporté à l’ensemble est essentiel pour assimiler cette histoire, aussi dure soit-elle.

Shirkers nous donne à voir un témoignage précieux sur Singapour dans les années 80 et début 90 par le biais de la création chaotique d’un film. Celui-ci met en tension l’introspection de sa réalisatrice face à ses amies et aux révélations faites au sujet de son ancien mentor avec un travail de reconstitution fastidieux au vu des années passées. Bien que de durée classique, le visionnage de ce documentaire éclectique est néanmoins intense et hautement conseillé !


■ Shirkers ■ Réalisé par Sandi Tan ■ Sortie française sur Netflix le 26/10/2018 ■ Durée : 97 minutes ■ Avec Sandi Tan, Jasmine Ng et Sophia Siddique Harvey…

3 réponses sur « Shirkers »

Long time reader, first time commenter — so, thought I’d drop a comment..
— and at the same time ask for a favor.

Your wordpress site is very simplistic – hope you don’t mind me
asking what theme you’re using? (and don’t mind if I steal it?
:P)

I just launched my small businesses site –also built in wordpress like yours– but the theme slows (!) the site down quite a bit.

In case you have a minute, you can find it by searching for « royal cbd » on Google (would appreciate any feedback)

Keep up the good work– and take care of yourself during the coronavirus scare!

~Justin

[…] Depuis Béni Baras, qui tente en tant qu’enfants métis belge de recevoir un passeport pour entrer dans la forteresse Europe et qui sculpte du plastique fondu pur créer des fresques jusqu’à la talentueuse Géraldine Tobe, ancienne enfant sorcière qui dénonce l’emprise des évangélistes sur les populations pauvres en peignant avec les flammes et la fumée, c’est tout un univers de remise en image et de réappropriation de l’histoire du Congo par ses artistes auquel on assiste, une tentative que l’on retrouve dans bien d’autres pays. […]

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